1789 : silence aux pauvres!

L histoire sérieuse n a pas encore mis en lumière la place qu a tenue, dans la Révolution française, et dès le début, la crainte, chez les possédants, d une menace sur leurs biens. Ce qu il faut savoir, et capitalement, c est que, dès la réunion des états généraux, une grande peur s est déclarée chez les honnêtes gens (les gens de bien, les gens qui ont du bien, des biens), face à ceux que l on va exclure du droit de vote et de la garde nationale : les non-possédants, les gens de rien. Robespierre est un des rares des très rares révolutionnaires à souhaiter chez les exploités (des champs et des villes) une conscience de classe. Et tout va se jouer sur ce même sujet, avec l épouvante (croissante pendant plus de cinq ans) de ceux qui ont en présence de ceux qui n ont pas, qui n ont rien et qu il s agit, à tout prix et constamment, de surveiller et de contenir d abord par le déploiement avertisseur de la force, le 14 juillet 1790, ensuite par son usage crépitant et persuasif, le 17 juillet 1791. Alors : silence aux pauvres ! A la niche, une bonne fois, les gens de rien. Henri Guillemin