La cité s’étend sur la moitié sud du Péloponnèse, un territoire bien plus pauvre que celui d‘Athènes. Bien que Sparte soit richement peuplée, les Spartiates ne disposent donc pas de la puissance économique des Athéniens.
Comme pour Athènes, la société est compartimentée en trois catégories.

Comme toutes les cités grecques, Sparte dispose d’un important corps d’esclaves (environ 200.000), mais ils ont un statut particulier. Nommés hilotes, ils sont attachés à un lopin de terre, qu’ils sont chargés de mettre en culture, et ne peuvent être déplacés. Ils ont le droit de se marier et d’avoir des enfants.

Ils sont absolument vitaux pour Sparte car les Spartiates n’ont pas le droit de cultiver la terre ni de faire de commerce. Les hilotes sont donc chargés de remettre une grande partie des fruits de leur travail agricole aux propriétaires des terres auxquelles ils sont attachés.

Selon Plutarque, tous les ans, les éphores spartiates déclaraient la guerre aux hilotes pour que les kryptes (jeunes spartiates rendus à un certain point de leur éducation, la krypteia) puissent les tuer sans craindre de colère divine. Les kryptes auraient été lâchés dans la campagne avec ordre de tuer les hilotes croisés la nuit. Ceci aurait pour but à la fois d’éviter une trop grande multiplication du nombre des hilotes, qui surpassent déjà très largement en nombre les Spartiates, et de les maintenir dans un climat de peur afin d’éviter toute révolte.

Les habitants libres mais ne disposant pas de droits civiques sont les périèques (littéralement, « ceux qui habitent autour »), au nombre d’environ 60.000. Leur origine remonte à la fondation de la cité de Sparte. Celle-ci s’est formée par un rassemblement de cinq villages, puis a étendu sont autorité sur toute la Laconie sans pour autant que les habitants ne soient intégrés au corps civique. Les habitants de ces cités « colonisées » sont les périèques. Ils disposent d’une certaine autonomie locale et ont des devoirs à l’égard des Spartiates, notamment militaires.

La dernière catégorie est celle des citoyens à part entière. Contrairement au corps civique athénien, celui de Sparte est particulièrement faible : 1.000 à 1.500 hommes, suite à une réduction volontaire du nombre des naissances dans le but de concentrer les terres (les Spartiates étant avant tout des grands propriétaires terriens). En effet, les terres sont divisées à chaque succession. La plupart des couples cherchent donc à n’avoir qu’un seul enfant. Une fille unique hérite des biens de son père et les amène à son mari tout en en conservant la gestion.

La guerre du Péloponnèse génère des problèmes pour ce modèle figé depuis la création de la cité. En effet, l’utilisation d’hilotes à la guerre (rendue nécessaire par la faiblesse du corps civique) amène la création et l’extension rapide d’un corps inférieur, les néodamodes, libérés mais ne disposant pas de droits civiques. Pour contrer cette montée en puissance qui risque de déséquilibrer l’organisation spartiate, la cité devient de plus en plus dure et policière.