Le bonheur est devenu la grande illusion de la philosophie. Aujourd’hui, de nombreux philosophes – et non des moindres – célèbrent sans fin plaisir, vie bonne ou joie d’une vie philosophique. Ils promettent, à tous ceux qui veulent les croire, que la philosophie va changer leur existence, pacifier leur vie, leur garantir la sérénité. En un mot : les rendre heureux.
Ce vieux rêve, né dans l’Antiquité, avait pourtant été radicalement abandonné. Il revient en force. Or ce mirage est néfaste, car la philosophie n’est ni un ouvre-bonheur, ni une machine à rendre heureux, mais une école de lucidité, de critique et d’ironie. Au risque de se perdre, si elle l’oublie.
En confondant la liberté du sage antique et le bonheur formaté, la philo-bonheur contribue en réalité au maintien de l’ordre et de la servitude. Critiquer une à une ses prétendues évidences, démonter ses subterfuges sont des tâches urgentes. C’est ce que propose Roger-Pol Droit dans cet essai incisif, polémique, pédagogue et solidement argumenté.